Ingénieur ou technicien ?

C’est une sorte de couple. Un binôme dans lequel les aptitudes de l’un complètent les compétences de l’autre. D’un côté, l’ingénieur, celui qui envisage les choses en plan large: il conçoit et pilote les projets. De l’autre, le technicien, le roi du zoom: celui qui va assurer la maintenance d’appareillage, la mesure, les essais ou l’application des protocoles. Ces postes se trouvent à deux extrémités du système de formation français. Il est possible de devenir technicien en deux années d’études après le bac… Là où il faut cinq ans d’école pour prétendre à un titre d’ingénieur.

«La différence entre technicien et ingénieur a une véritable dimension culturelle en France, analyse Jean-Michel Nicolle, à la tête de l’Ecole Polytechnique Féminine (EPF) devenue école d’ingénieurs généraliste. Le code du travail distingue clairement le technicien, qui tient une position intermédiaire dans l’organisation du travail, et l’ingénieur, qui est cadre par nature.»

Une différence qui se retrouve aussi dans les fiches de salaires. 

L’adaptabilité, enjeu majeur

Manager de la complexité, l’ingénieur est surtout formé pour s’adapter et être en phase avec le marché de l’emploi. «Ce qui est plus délicat pour le technicien, note Jean-Michel Nicolle. Prenons le cas d’un spécialiste de l’informatique. Que sera ce secteur dans une trentaine d’années? Il y a un véritable enjeu de formation continue autour de cette fonction.»

C’est justement pour cela que les cursus permettant aux techniciens d’accéder au statut d’ingénieur se multiplient. Ce qu’explique très bien Laurent Mahieu, président de la commission des titres d’ingénieurs.

«Depuis les années 70-80, l’intégration des techniciens dans le cycle de formation des ingénieurs a beaucoup évolué. Une plus large palette de possibilités est désormais en place, que ce soit par le biais de la formation continue, avec le Cnam, via la validation des acquis de l’expérience ou les formations de cadres d’entreprise en temps partagé. Sans oublier, bien sûr, l’intégration de techniciens diplômés dans des filières d’apprentissage, en formation initiale.»

Cette dernière option est très prisée: sur les 35.000 nouveaux ingénieurs diplômés enregistrés chaque année, près de 5.000 sont issus de ce cursus.

 

Source: https://www.20minutes.fr/economie/emploi/1957687-20151009-technicien-et-ingenieur-une-vraie-dynamique

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